Tentative de « Coup d’Etat », « retour » et toujours le silence de mort d’Ali Bongo

Reposons nos doigts et arrêtons-nous un moment.

Non, ce ne sera pas ce groupuscule qui nous dictera ce que nous devons penser. Les sujets importants que nous devons traiter et encore moins l’actualité sur laquelle nous devons débattre se feront à notre initiative et selon notre calendrier. A l’heure actuelle et en l’état actuel des évènements, il est plus que jamais indispensable de savoir Où est passé Ali Bongo ? a-t-il en bon état toutes ses facultés mentales, physiques et intellectuelles ? Si oui pourquoi ce silence de mort ?

Voilà plus d’une semaine déjà que l’appel à la révolte lancé par le lieutenant Kelly Ondo Obiang, un agent de la garde républicaine, et ses hommes, a eu lieu. Cet appel qualifié par les thuriféraires du régime de coup d’Etat n’a semble-t-il toujours pas fait écho à l’oreille du distingué camarade Alain Bongo. Inutile de parler de son ex –premier ministre et de son ex-ministre de la défense. Plus d’une semaine et toujours rien, pas un mot, silence radio, pas une déclaration, bouche cousue, pas une vidéo montée, rien.

Que se passe-t-il réellement avec Ali Bongo ? Est-il encore en capacité de gouverner comme l’affirment ses collaborateurs, pourquoi ne se prononce-t-il toujours pas ? La cérémonie d’intronisation du gouvernement aurait dû être l’occasion pour lui de prendre la parole. Mais il n’en fût rien. Le peuple a eu droit à une parodie, un énième habillage télévisuel sans relief où le protocole était désarçonné et sorti de ses usages habituels.

De mémoire, jamais cela ne s’est vu. Un coup d’Etat et le président est occupé à autre chose. Tenez, Laurent Gbagbo, ancien président de la côte d’ivoire dans une interview donnée à la chaine Arte déclarera à propos du coup d’État manqué du 19 septembre 2002 alors qu’il se trouvait hors du pays « On me réveille à 4h du matin pour me dire que le pays est attaqué. Ma première idée c’est d’être au milieu des miens, je ne peux pas rester à l’extérieur pendant que le peuple qui m’a élu pour le guider, pour le diriger, est attaqué ».

Ainsi la première réaction logique et normale d’un homme qui a la responsabilité et la charge de diriger un pays est de rassurer son peuple lorsque ce qu’il qualifie d’atteinte à la sûreté de l’Etat est commise. Du moins c’est ce que font les hommes d’Etat ayant pour leur pays et leur peuple, un amour sans faille et surtout une légitimité avérée.

De plus, nous connaissons son goût prononcé pour le pouvoir, au point d’avoir osé toutes les solutions ultimes de conservation (comme le bombardement du QG de son adversaire politique en 2016) pour s’imposer à la tête du Gabon en qualité de « président ». Alors comment expliquer qu’il soit silencieux, voire indifférent face à la gravité que peut représenter un coup d’État militaire ?  Comment peut-on faire fi de cela et faire comme si rien ne s’était passé ? Ce silence ne peut qu’accentuer les doutes sur la prétendue amélioration de l’état de santé d’Ali Bongo et sa capacité réelle à assumer ses fonctions et les vidéos- montages n’y changeront rien. Dans tous les cas si sa bonne santé était avérée (Nous en doutons malgré des images non convaincantes d’un retour ce 15 janvier), ce silence n’est là encore que la preuve d’un mépris profond envers le peuple après la succession de mensonges sur son accident vasculaire cérébral. Oui, un « président » qui après un coup d’Etat ne parle pas, ne se prononce pas est un président irresponsable et indigne. C’est encore l’illustration qu’il est incapable de diriger, protéger le pays sur la constitution duquel il a prêté serment. Des personnages d’un tel acabit, le Gabon n’en veut pas et n’en n’a pas besoin.

Balayant toute idée de complot, qu’on soit clair et vrai. Il est plus qu’évident qu’Ali Bongo n’est plus capable de diriger le Gabon. L’a-t-il d’ailleurs déjà été ? La réponse est non quand on observe l’état chaotique dans lequel baigne le Gabon depuis 2009.

Le silence cadavérique d’Ali Bongo, en l’état actuel du pays doit être pour les Gabonais un message. Le plus explicite qui soit : la Nation n’a jamais eu de chef et ne recouvrera sa dignité que par une lutte insurrectionnelle.

Par Mapupa